Guéliz
« Le cocktail bar qui manquait à la ville»
Découverte

Pendant longtemps, boire un cocktail a Marrakech signifiait deux choses : un mojito mediocre dans un bar d'hotel ou une bouteille de vodka dans un club douteux. Le Barometre a change la donne. Ouvert sur une rue discrete de Gueliz, derriere une facade qui ne paie pas de mine, ce bar a cocktails a importe a Marrakech les codes du cocktail d'auteur — et il les a adaptes avec intelligence.
La carte est courte — une dizaine de cocktails, pas plus — et elle change avec les saisons. Chaque creation utilise au moins un ingredient local : eau de fleur d'oranger, safran de Taliouine, agrumes du Souss, miel de thym de l'Atlas. Le bartender ne fait pas de show — pas de flammes, pas de fumee — mais chaque geste est precis, chaque dosage est millimetre. Le resultat est un cocktail qui a de la personnalite sans avoir besoin de crier.
Le decor est minimaliste et assume son parti pris : comptoir en bois sombre, tabourets hauts, eclairage tamise, zero decoration superflue. C'est un bar fait pour boire, pas pour etre vu. La salle est petite — une trentaine de places maximum — ce qui cree une intimite qu'on ne trouve nulle part ailleurs a Marrakech. Le soir, a partir de 21h, il faut souvent attendre une table.
Les prix sont justes pour la qualite : comptez entre 90 et 130 dirhams le cocktail. Ce n'est pas donne, mais c'est le prix d'un verre fait avec des ingredients premium et un savoir-faire reel. Le vin est aussi bien choisi — la carte privilegie les domaines marocains (Volubilia, Tandem) avec quelques references francaises.
La clientele est un melange de jeunes professionnels marrakchis, d'expatries et de voyageurs informes. Pas de touristes egares — il faut connaitre l'adresse pour la trouver.
Le Barometre merite sa place parce qu'il a prouve que Marrakech pouvait jouer dans la cour des grandes villes en matiere de cocktails — sans imiter personne.
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Mis à jour le 27 mars 2026