Hivernage
« Siroter là où Churchill sirotait»
Incontournable

Dans les entrailles de La Mamounia — le palace legendaire de Marrakech depuis 1929 — le Churchill Bar est un monde a part. Boiseries sombres en acajou, fauteuils club en cuir patine, tapis persans, et un eclairage tamise qui donne a chaque convive l'air d'avoir un secret. Winston Churchill y a sejourne a plusieurs reprises dans les annees 1940 et 1950, peignant des aquarelles de l'Atlas depuis sa suite. Le bar porte son nom, et l'esprit demeure.
Le barman — Ahmed, present depuis plus de vingt ans — prepare les cocktails classiques avec une precision d'horloger. Le martini dry est une reference : gin Tanqueray, vermouth sec, olive verte, servi dans un verre glace qui embue a peine. Le whisky sour est impeccable. Mais c'est le bloody mary du dimanche matin, servi en terrasse avec vue sur les jardins centenaires de La Mamounia, qui est devenu le rituel des connaisseurs.
La carte des spiritueux est encyclopedique — plus de 200 references de whisky, des cognacs d'avant-guerre, des rhums millesimes. Les cigares sont disponibles (salon fumoir attenant) et bien conserves. C'est le genre de bar ou l'on pourrait passer trois heures sans s'en rendre compte, berce par le jazz en sourdine et le bruissement des conversations a voix basse.
Les prix sont ceux d'un palace : un cocktail coute entre 200 et 300 dirhams. Mais vous payez pour l'experience autant que pour le verre — et l'experience, ici, n'a pas de prix. C'est l'un des rares endroits au Maroc ou le service atteint un niveau d'excellence qui n'a rien a prouver.
La clientele est un melange de voyageurs fortunes, de diplomates, d'hommes d'affaires et de Marrakchis de la vieille garde qui viennent ici depuis des decennies. Le dress code est implicite : pas de tongs, pas de shorts.
Le Churchill Bar merite sa place parce qu'il est la memoire vivante de ce que Marrakech a de plus grand : un lieu ou le luxe n'est pas un spectacle, mais un art de vivre.
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Mis à jour le 27 mars 2026